Transport des malades : le patient écope

06/12/18 à 00:00 - Mise à jour à 07/12/18 à 14:28

S'il y a bien un contexte où l'adjectif " kafkaïen " a toute sa place, c'est dans la réglementation en matière de transport des malades - un système d'une complexité cauchemardesque et absurde où plus personne ne s'y retrouve, que ce soit au Nord ou au Sud du pays.

Transport des malades : le patient écope

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Le transport médical non urgent est une matière régionale mais, que vous soyez en Wallonie ou en Flandre, il y a gros à parier que vous entendrez partout le même son de cloche : son organisation actuelle est financièrement intenable pour ceux qui en sont responsables, et le jeu n'en vaut donc pas la chandelle. Rappelons que l'assurance obligatoire n'intervient dans le coût du transport médical non urgent que dans quelques situations extrêmement spécifiques et moyennant le respect de conditions strictes. Les organismes assureurs peuvent en couvrir une partie par le biais de leur assurance complémentaire, mais les conditions de cette intervention diffèrent d'une mutuelle à l'autre, voire parfois d'une région à l'autre au sein d'une même mutuelle. Même la communication autour de ce remboursement varie parfois du tout au tout: certains OA mentionnent en effet la quote-part personnelle du patient par trajet, tandis que d'autres se bornent à préciser combien elles remboursent par kilomètre parcouru.

Mutas partout en Flandre

En Flandre, il a été décidé que tout ce qui touche au transport médical non urgent sera, à partir de l'année prochaine, organisé par Mutas - une initiative intermutualiste portée par six organismes assureurs, qui devrait permettre une meilleure maîtrise des coûts. Avec ce système, il pourrait parfaitement arriver que deux voisins affiliés à des mutuelles différentes soient conduits au même centre de dialyse par un même transporteur et dans un même véhicule... mais se voient réclamer pour cela une quote-part personnelle (sensiblement) différente.

Et en Belgique francophone ?

S'agissant d'harmoniser les modalités de remboursement, on n'est guère plus avancé au Sud du pays qu'au Nord... et on est encore loin d'un approche globale pour le transport médical non urgent. Pour le patient qui dépend de ce service, il s'agit malheureusement souvent d'un coût qu'il n'avait pas pris en compte et qui, pour comble de malheur, sort du cadre du MàF. " Pour l'application du maximum à facturer, on tient en général compte du ticket modérateur des prestations médicales remboursées par l'assurance obligatoire. L'organisation d'un service de taxi par les mutuelles relève des services complémentaires qu'elles peuvent proposer à leurs membres et ne ressort donc pas des compétences de l'Inami. L'assurance obligatoire peut intervenir dans ce transport, mais il n'existe pas pour cela de tarif réglementaire ni, par conséquent, de quote-part personnelle entrant en considération pour le MàF ", explique An-Sofie Soens de l'Inami.