" Les médecins ne sont pas les banquiers des hôpitaux "

18/01/18 à 07:00 - Mise à jour à 09:20

Ce qui est dans l'accord médico-mut est écrit dans l'accord gouvernemental : on va vers l'honoraire pur, constate Philippe Devos, administrateur en vue de l'Absym. "Tout ce qui peut empêcher que nous soyons les banquiers des hôpitaux va dans le bon sens."

" Les médecins ne sont pas les banquiers des hôpitaux "

Liege City | Liège Ville 2010. Sur la colline Hoptital CHR de la Citadelle. © BELGAIMAGE

Grande bagarre pour le maintien d'un statu quo sur les suppléments ? " En gros, on est pour un standstill. Qu'on ne vienne pas empiéter sur les suppléments. Les mutuelles décrivent un mouvement croissant de déplacement des chambres doubles vers les chambres seules. Or dans la plupart des hôpitaux, le bilan net est une perte financière. Autre difficulté : les mesures De Block d'économies au niveau des hôpitaux qu'on va chercher dans les poches des médecins. "

Le net in the pocket ? " Il a baissé dans tous les hôpitaux je pense. Il suffit de voir La Citadelle (Ndlr : il est demandé aux médecins sur les 70 millions d'honoraires, un effort de 3,71 % soit 2,6 millions). Les médecins montent à 250 % de suppléments mais c'est à 100 % pour le budget hospitalier. Sans compter les sauts d'index depuis 2 à 5 ans selon les spécialités. "

Ce qui est bien dans l'accord quand même c'est le gel de pourcentage maximum de prélèvement d'honoraires en parallèle avec un gel des suppléments eux-mêmes. " Les Mutuelles peuvent ainsi offrir des assurances hospitalisations à des prix acceptables. On ne peut demander aux médecins d'être les banquiers de l'hôpital. Les deux sont liés. "

Accréditation

Devos retient, dans la réforme de l'accréditation, le fait de sortir du tout ou rien. " On va vers un financement progressif sur base de processus et d'outcomes et pas seulement le temps d'écoute passif. Les hôpitaux s'accréditent de la même manière. C'est une évolution naturelle de la société d'aller vers un management responsable. Ma vraie crainte est d'accréditer comme dans certains pays, mettons, les diabétologues selon le taux d'hémoglobine glyquée moyenne de l'ensemble des patients. Or, il y a tellement de facteurs de compliance d'un diabétique ! Il faut éviter une sélection de patients via ces processus ! "

Quid des éternelles économies sur l'imagerie médicale ? Un outil d'aide à la décision préventif est prévu. " C'est dans l'air du temps, expriment les radiologues eux-mêmes. On n'y échappera pas. Si cela peut amener une meilleure médecine, pourquoi pas ? Ce sera proposé par les sociétés scientifiques, donc par les radiologues eux-mêmes. C'est rassurant. Mais ce qui va arriver aux personnes déviantes n'est pas très clair. Avec la liberté de substitution du radiologue, qui sera responsable, le prescripteur ou le radiologue ? " Autre avancée de l'accord : la nomenclature fera la part des choses entre l'honoraire et le coût de fonctionnement : " Tout ce qui permet d'isoler l'honoraire et d'empêcher qu'on soit la banque de l'hôpital, c'est positif. " On rapproche l'acte chirurgical de l'acte médico-technique. " Les chirurgiens sont les premiers à regretter qu'une heure de consultation soit moins payée qu'une heure d'opération. C'est une incitation à opérer ! "

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