Huile de cannabis contre épilepsie: on ne légalise pas

26/04/18 à 02:00 - Mise à jour à 14:09

La ministre de la Santé publique, Maggie De Block, n'a pas l'intention de légaliser l'huile de cannabis, a-t-elle fait savoir à propos d'un cas qui fait couler de l'encre en Flandre.

Huile de cannabis contre épilepsie: on ne légalise pas

© AFP

Sofie, une fille de 9 ans résidant à Maasmechelen, absorbe chaque jour une goutte d'huile de cannabis pour soigner son épilepsie, avec un succès certain puisque le nombre de ses attaques est passé de 50 à 0 par jour, affirme sa mère. Le fournisseur du produit, un Anversois de 64 ans, a toutefois dû mettre fin à son activité en raison d'une saisie par la justice.

La mère s'est adressée à la ministre de la Santé et s'est vu répondre, affirme-t-elle, qu'elle "n'a qu'à déménager dans un pays où l'huile de cannabis est légalisée".

Mme De Block a démenti ces propos mais elle n'entend pas pour autant légaliser l'huile de cannabis. "En tant que ministre de la Santé publique, mais aussi en tant que médecin et mère, il est de mon devoir de protéger tous les enfants et tous les citoyens en général. Si l'huile de cannabis peut éventuellement aider certains enfants, elle reste toutefois très nocive, voire même mortelle pour d'autres", a-t-elle déclaré.

"C'est pourquoi il nous faut des preuves irréfutables que l'huile de cannabis ne représente aucun danger pour la santé et que ses effets sont bénéfiques pour tout le monde. Cela vaut pour tous les médicaments, donc aussi pour l'huile de cannabis. En faire une exception signifierait prendre un énorme risque pour la santé de tous les Belges", a-t-elle ajouté.

Le cannabis à usage thérapeutique a été légalisé dans le traitement de la douleur ou des spasmes pour certaines maladies, comme la sclérose en plaques.

"Nous avons conçu la législation de sorte qu'elle soit ouverte à de nouvelles formes d'usage médical dont les effets sont scientifiquement prouvés. Mais ce ne sont pas les autorités qui mènent la recherche scientifique ou qui développent les médicaments. Nous dépendons pour cela des entreprises pharmaceutiques et du monde académique", a encore dit la ministre.